Philippe Dugay
Vit et travaille au Mans
Diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Nantes
p.dugay@gmail.com
Diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Nantes, il s’attache pendant une dizaine d’années à la pratique de la peinture avant de s’orienter vers la photographie.Ces années de peinture laissent ainsi des traces formelles dans l’appréhension de la matière, de la lumière, des lignes et de la composition de l’image. Au sortir de cet apprentissage pictural il photographie alors principalement des objets inventés.
En partant de dessins préparatoires, Philippe Dugay réalise des maquettes et des modelages à l’aide de procédés d’assemblages de matériaux composites (Bois, carton, fil, résine, terre glaise…). Cette sculpture est ensuite mise en scène, photographiée et tirée sur papier baryté comme étape définitive. L’objet photographié subit alors tout à la fois une mise en espace et une mise en lumière qui ensemble viennent révéler ou absorber des éléments du volume. On y découvre ici des angles, des raclures, des portes, des murs, des percées. Des sortes de maisons-boîtes, pleines ou vides, d’habitacle impénétrable ou d’abris secret. Fait d’ouverture, de fermeture, la théâtralisation des jeux d’ombres et de lumière caresse les contours, limite le visible de l’invisible. Cette élaboration de l’image va inscrire la mise en relief d’un imaginaire poétique, qui se fixe, se cristallise au moment de la prise de vue. À travers cette relation sculpture et photographie, Philippe Dugay travaille une décontextualisation de l’objet qui nous interroge sur le rapport du modèle et de sa représentation.
Dans ce dialogue du dehors et du dedans, les photographies plus manifestes de paysages et d’intérieurs, prises dans un réel tangible et familier, cernent ou ouvrent l’espace autour de ces maisons. L’artiste joue et jongle entre l’imaginaire et le réel, entre le fabriqué et le naturel. Comme face à des éléments d’un décor scénique, on se trouve en proie à reconstituer les indices et les pièces d’une composition qui se serait éclatée ou d’un paysage qui se serait dispersé. Des nuages, tranchant sur le noir ou se fondant dans le blanc, des arbres et des végétaux pris la nuit qui s’entremêlent, des maisons suspendues dans des lieus inconnus, des formes qui s’abandonnent en silence, ne nous livrant que les plis d’un passage, une empreinte du vivant. Avec un savoir-faire méticuleux, les photographies de Philippe Dugay nous livrent un dialogue poétique sur les espaces de replis, de refuge.
————————————————————————————————————–
Born in Angers
Lives and works in Le Mans
Graduate of School of Fine Arts, Nantes
The influence of his years of painting can be seen in his approach of the matter, the light, the lines and the composition of image. At the end of this pictorial learning he began to photograph objects made by himself. With preparatory drawing he realizes models and modelling made with different materials (wood, cardboard, thread, resin, clay).Otherwise, when his sculpture is staged, photographed, it is finally printed on a traditional baryta fibre. The object is placed and lit in order to reveal some elements of volume. We can discover lines, angles, doors, walls and openings.
Sorts of houses-boxes, full or empty, like enigmatic place or secret shelters, open or closed. Shadows and lighting effects define outlines, limit visible to invisible. This elaboration of the image is goring to accentuate his poetic imagination which is fixed and crystallized at the time of the snapshot. Through this relation sculpture and photography Philippe Dugay works the object out of his environment which comes questioning us about the models and his representation.
Philippe Dugay plays between imagination and reality, between made and natural. Like front of scenery elements, we have to reconstitute signs and rooms from a setting, which have been burst; or to reconstitute signs and rooms from a landscape which have been scattered. There are clouds contrasting with the black backdrop or melting into the white, trees and vegetables taken at night, houses suspended in unknown places, so much silent forms, delivering us only the folds of a passage, marks of living. With a meticulous know-how, Philippe Dugay’s photographies deliver us a poetic dialog on spaces of refuge.
